Charte régionale de gestion des mangroves : Les Ministères de l’environnement des pays membres du P.r.c.m. s’engagent à soutenir la préservation de la biodiversité

Publié le par rim21.over-blog.org

La Mauritanie, la Guinée Bissau, la Gambie, la Sierra Leone et la Guinée Conakry ont signé, jeudi dernier, en marge des travaux du 5ième Forum régional côtier et marin en Afrique de l’Ouest, une charte régionale de gestion des mangroves. Ce cadre de coopération sous-régionale se veut comme une réponse aux préoccupations du P.r.c.m. dans le domaine de la conservation des écosystèmes de la mangrove et de l’augmentation des revenus des communautés locales riveraines de la mangrove.

 

Aux yeux de Bâ Housseynou Hamady, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’environnement et du développement durable, la signature de la Charte régionale de gestion des mangroves est un bel exemple de coopération régionale. "Je crois que tout le monde connait l’importance de la mangrove dans notre sous-région. La mangrove nourrit, sécurise et protège à la fois", a-t-il rappelé brossant au passage les différentes fonctions écologiques de la mangrove. "Nous croyons à cette charte, nous la supporterons et nous espérons que tout le monde y mettra son énergie pour la réussite de ce bel exemple de coopération régionale et qui rentre parfaitement dans la vision du P.r.c.m.", a-t-il conclu.

 

"Nous aiderons à faire de sorte que la question de la mangrove reçoive de l’intérêt, de l’attention et des ressources sur le plan international de la part d’autres acteurs", a déclaré Jane Madgwick, directrice générale de Wetlands International.

 

"C’est un problème dans tous les pays. Ce que nous savons, c’est que les zones de mangrove ont été réduites de façon drastique dans l’ensemble des pays membres du P.r.c.m. fondamentalement à cause de l’homme soit parce qu’on prélève du bois de chauffe soit parce qu’on coupe la mangrove pour d’autres activités économiques…Mais, la situation de dégradation est préoccupante : les superficies en mangroves n’augmentent pas, elles diminuent à des proportions inquiétantes", a expliqué Ibrahima Thiam, président du comité de pilotage du P.r.c.m et par ailleurs directeurs régional de Wetlands International.

 

Le Forum de Nouakchott peut être qualifié de succès car les ministères de l’environnement des pays membres du P.r.c.m ont signé une déclaration où ils s’engagent à soutenir la préservation de la biodiversité. "En particulier, pour la mangrove, il y’a eu des actions spécifiques de certains pays que je ne pourrais pas citer mais qui ont pris l’engagement de soutenir la conservation de l’écosystème des mangroves et de faire des actions de restauration", a rappelé Jane Madgwick.

 

Pour sa part, le Prof. Aimé Nianogo, directeur régional de l’U.i.c.n., s’est réjoui du fait que les ministères de l’environnement des pays membres de l’espace du P.r.c.m. se soient engagés, à Nouakchott, à soutenir la préservation de la biodiversité. "C’est une grande avancée et cela me paraît particulièrement très importante. En créant un mécanisme de concertation beaucoup plus pérenne, cela va leur permettre d’aller vers des décisions plus rapidement et donc d’avoir une plus grande effectivité de leurs décisions et de leurs recommandations par la suite", confie le Prof. Aimé Nianogo.

 

D’ores et déjà, le P.r.c.m. pourra compter sur l’appui de partenaires financiers qui ont déjà manifesté leur volonté de soutenir tout plan d’action visant à conserver durablement les mangroves. D’ailleurs, on peut noter, à l’ouverture des travaux du 5ième Forum régional marin et côtier en Afrique de l’Ouest, la présence d’ambassadeurs de pays financièrement puissants qui ont manifesté leur intérêt de soutenir le P.r.c.m.

 

L’Afrique de l’Ouest est une zone fortement concentrée en termes d’aires marines. "Je suis très heureux de constater que les mangroves qui constituent l’une des ressources les plus importantes au niveau de la zone côtière soient bien conservées et qu’il y’a une forte solidarité. Aujourd’hui, c’est les mangroves, j’espère que, demain, il y’aura une charte signée par les pays de la sous-région pour la gestion des ressources halieutiques ou la gestion d’autres espèces emblématiques", a affirmé Ibrahima Thiaw, directeur de division au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (P.n.u.e.).

 

Le Programme régional de Conservation de la zone Côtière et Marine en Afrique de l’Ouest (P.r.c.m.) est une initiative conjointe de quatre Organisations Internationales non gouvernementales intervenant dans la sous région. Il s’agit de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (U.i.c.n.), le Fonds Mondial pour la Nature (W.w.f), Wetlands International et la Fondation Internationale du Banc d’Arguin (F.i.b.a.) en partenariat avec la Commission sous-régionale des Pêches (C.s.r.p). Il couvre sept Pays : Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée Bissau, Guinée, Sierra Leone et Cap vert.

 

Babacar Baye NDIAYE

Publié dans Environnement

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