Situation à la bande de Gaza : Aminétou Mint El Moctar prévient contre "les conséquences fâcheuses" et s’en prend aux autorités égyptiennes

Publié le par Babacar Baye NDIAYE

Aminetou.jpgDepuis qu’elle s’est rendue à Gaza et qu’elle s’est confrontée à la réalité de la situation qui prévaut actuellement sur le terrain, la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (A.f.c.f.), Aminétou Mint El Moctar, semble se fixer un objectif qui est celui de mobiliser l’opinion publique nationale et internationale pour lever l’embargo décrété par l’Etat d’Israël sur la bande de Gaza. "Sinon, il y’aura des conséquences fâcheuses", a-t-elle prévenu.

 

Trop, c’est trop. Et, selon Aminétou Mint El Moctar, "le peuple de Gaza est un peuple meurtri par l’embargo, les bombardements de l’armée israélienne et une situation de privations de tous leurs droits et libertés", dit-elle expliquant que la situation est beaucoup plus catastrophique qu’elle ne l’imaginait avant de s’y rendre.

 

"Les israéliens refusent aux populations de Gaza d’importer quoique ce soit. Ils n’ont pas d’électricité. Les médicaments arrivent par convoi. D’autres aides de la communauté internationale arrivent à compte-gouttes. Mais, malgré tout cela, le peuple gazaoui essaie de ne pas se plier à ces contraintes-là. Ils cassent des briques pour réparer quelques habitations des familles des martyrs. Tous les enfants sont malades, déshydratés. Il n’y a pas d’eau. Et, vous ne verrez jamais à Gaza détruit par les bombardements aucun mendiant dans la rue. Cela m’a beaucoup marqué", raconte Aminétou Mint El Moctar, présidente de l’A.f.c.f.

 

Suffisant pour susciter chez elle un élan de sympathie. "Nous soutenons le combat légitime du peuple palestinien en général et plus particulièrement celui de la population de Gaza. Et j’estime qu’il faut briser l’embargo maritime en mobilisant la communauté internationale et accentuer la pression sur Israël", a-t-elle déclaré.

 

La présidente de l’A.f.c.f. n’a pas manqué, par ailleurs, de critiquer l’attitude des autorités égyptiennes et leur indifférence face à la situation qui court actuellement à Gaza.

 

"On a eu beaucoup de tracasseries avec les autorités égyptiennes. Il n’y a pas de différence entre le pouvoir égyptien et le pouvoir israélien. C’est bonnet blanc blanc bonnet", s’indigne-t-elle citant à titre d’exemple le fait que les jeunes de Gaza ne puissent pas séjourner en territoire égyptien. "Cela me fait mal qu’un pays musulman comme l’Egypte et de surcroît frontalier à un pays meurtri par la guerre et l’embargo se comporte de cette manière", a-t-elle poursuivi.

 

Au cours de son séjour à Gaza, Aminétou Mint El Moctar, qui faisait partie d’une délégation de femmes mauritaniennes composée de Yaye N’Diaw Coulibaly, sénatrice de Tawassoul, Vivi Mint Foiji, femme d’affaires et Fatimetou Mint Meidah, membre du Ribat pour la solidarité avec le peuple palestinien, a rencontré Ismael Haniyeh, Premier ministre palestinien et chef du parti Hamas, un mouvement de la résistance islamique.

 

Babacar Baye NDIAYE

 

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article