Sow Moussa Demba, membre du Bureau Exécutif de l’U.p.r. : "L’Union pour la République n’est pas un P.r.d.s. (bis) parce que j’étais dans les instances dirigeantes de ce parti"

Publié le par rim21.over-blog.org

Sow Moussa DembaSow Moussa Demba est le maire de la ville de Kaédi, par ailleurs, membre du Bureau Exécutif de l’Union pour la République (U.p.r.). Il nous décortique, à travers cette interview qu’il nous a accordée la non-présence de Mohamed Ould Abdel Aziz à ce premier congrès national de l’Itihad mais également sa lecture sur les conditions de déroulement en sa qualité de participant aux travaux  du groupe chargé de l'examen et de l'adoption d'une déclaration de politique générale (DPG) du parti au pouvoir.

 

Le Rénovateur Quotidien : Peut-on avoir votre lecture sur les travaux du premier congrès national de l’Union pour la République (U.p.r.) ?

 

Sow Moussa Demba : L’appréciation que j’aie, c’est que déjà, la commission d’organisation a bien préparé le congrès. Pour la première fois, au moins, dans un congrès du parti, j’en ai vu d’autres, qu’on ait suffisamment de documents préparés à l’avance et qui permettent aux délégués de se prononcer. Maintenant, sur la méthode, il y’a une chose qu’on aurait pu améliorer. Dans les débats, le fait que chaque intervenant parlait dans la langue de son choix, sans qu’il y’ait une traduction, n’a pas permis aux autres de comprendre les interventions de leurs collègues. Cela a créé aussi des duplications et des lourdeurs. On aurait pu, à défaut d’une interprétation simultanée, avoir des interprètes. Et, là, le travail serait beaucoup plus efficient.

 

Le Rénovateur Quotidien : En dehors de ces problèmes de communication, y’a-t-il eu d’autres que vous avez, certainement, dû relever au cours des travaux ?

 

Sow Moussa Demba : Les gens confondent souvent que nous sommes là, dans la commission politique, pour tracer des perspectives politiques du parti pour 10 ans. Le plus souvent, on a l’impression que les intervenants, chacun provenant d’une région ou d’une commune, pensent qu’il est venu pour défendre les intérêts de sa collectivité alors qu’ils doivent voir quelle est la politique nationale dans laquelle va s’inscrire l’U.p.r. d’ici le prochain congrès pour voir quelles sont les options nationales mais non pas des options sectorielles ou de défendre des intérêts particuliers. Bien sûr, les gens ont beaucoup débattu des problèmes des langues nationales, des différentes réformes de l’éducation…C’est des problèmes qui ne se posent pas. Chacun ne doit pas protéger sa chapelle. Ces questions entre autres doivent être examinées sous l’angle de l’avenir du pays.

 

Le Rénovateur Quotidien : Le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz n’a pas assisté à ce congrès. Quel sens donneriez-vous à son acte ?

 

Sow Demba Moussa : D’abord, c’est tout à fait normal. Le Président de la République n’est pas le président de l’U.p.r. Il est membre du parti mais il n’est pas président du parti. Dès lors, qu’il est le Président de tous les mauritaniens, je crois qu’il ne doit pas privilégier un parti pour un autre. S’il assiste, en tant que Président de la République au congrès de l’U.p.r., il faudra qu’il assiste à tous les congrès des autres partis, s’il est invité. Je crois que la meilleure des solutions, c’est l’attitude qu’il a adoptée pour montrer sa neutralité. Sa fonction de Président de la République doit le tenir à équidistance par rapport à tous les partis politiques.

 

Le Rénovateur Quotidien : Et, concrètement, vous pensez que c’est une attitude qui mérite d’être considérée comme un cas d’école ?

 

Sow Moussa Demba : Je crois qu’il y’a des gens qui ne l’ont pas compris. Mais, je pense que, cette démarche-là, doit être une école et que, ceux qui soutiennent le Président de la République doivent l’aider à aller dans ce sens et non pas à être partisan.

 

Le Rénovateur Quotidien : On a toujours soutenu et ils sont nombreux à le croire que l’Union pour la République (U.p.r.) est un P.r.d.s. (bis). Croyez-vous que cette attitude du Président de la République suffira pour contredire de telles allégations ?

 

Sow Moussa Demba : Dans tous les pays africains, lorsqu’un Président de la République est membre d’un parti, l’adage veut qu’on confonde le Président et le Parti. Je ne pense pas que l’U.p.r. soit un P.r.d.s. (bis) parce que, tout simplement, moi qui vous parle, j’étais dans les instances dirigeantes du P.r.d.s. Sur le plan même du mode de recrutement et de restructuration sur le terrain, c’est tout à fait différent. Je donne un exemple : au temps du P.r.d.s., vous arrivez dans une ville comme Kaédi, vous avez plus de dix sous-sections alors qu’aujourd’hui, avec l’U.p.r., nous avons une seule sous-section parce que nous pensons qu’il faut favoriser plutôt le raffermissent au lieu de sectoriser chaque quartier en sous-section à l’infini. Au temps du P.r.d.s., que ça soit l’unité de base, la fédération ou la sous-section, les ordres de désignation venaient d’en haut alors que, cette fois-ci, tout le monde a vu, en tout cas, chez nous à Kaédi, que les choix étaient transparents. Pour la première fois, on a permis à des gens qui ne sont pas délégués mais qui sont des militants du parti d’être des observateurs afin qu’il y’ait plus de transparence.

 

Propos recueillis par

Babacar Baye NDIAYE

Publié dans Politique

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